Mes livres

Une chambre sans livres est comme un corps sans âme.
Cicéron

Il y a ceux qui ont le don d'écrire, ceux qui aiment lire, ceux qui n'ont pas acquis l'art d'écrire et ceux qui, par paresse, refusent de lire...

Je n'offre pas mes livres pour en tirer une quelconque gloire. Je les présente simplement comme une partie essentielle de qui je suis.

Je me moque du jugement de ceux qui ne savent pas juger avec justesse. Nous aurons tous des comptes à rendre à Dieu, tôt ou tard. J'ai écrit pour alléger ma propre conscience, pour grandir et tendre une main emplie d'amour vers les silhouettes floues qui cheminent paisiblement dans la lumière.

Mes livres

"Il faut écrire pour soi, avant tout, c'est la seule chance de faire beau."
Gustave Flaubert

Du mercure et du sel

« Du Mercure et du sel » est sans aucun doute le livre dont je suis le plus fier. Écrit en trois semaines, il porte en lui ma profonde conviction qu'il peut apporter un soutien précieux à ceux qui sont en quête de vérité et de spiritualité. Ce livre propose un chemin authentique, éclairant les chemins intérieurs et offrant des réponses profondes aux questions existentielles. Son objectif principal est de guider les lecteurs, en les aidant à éviter les pièges superficiels et parfois trompeurs du Nouvel Âge, et en les conduisant vers une compréhension plus profonde d'eux-mêmes et du monde qui les entoure.

Alchimistes de la vie. Grands Ouvriers de l’infini irréel. Illusionnistes appliqués. Nous sommes tous les Nicolas Flamel de nos propres structures psychologiques. Nous sommes à la fois les pantins et les marionnettistes. Les instruments et les instrumentistes. Comme des opéras, des symphonies, des mélopées rarement inachevées, nous poursuivons l’enchaînement des notes de nos jours et les arpèges de nos élans infructueux. Comme Wolfgang Amadeus Mozart, nous écrivons chaque seconde dans le livre, la partition de notre existence. Que désirons-nous ? Une complainte ? Une marche funèbre ? Une musique de chambre, fluide et légère ? Quelle est notre approche de la vie ? La subissons-nous ou en faisons-nous un perpétuel feu d’artifice ?

Comme Ludwig Von Beethoven, nous sommes fiers d’être sourds mais nous pouvons, néanmoins, comprendre et apprendre à écouter dans l’obscurité, la noirceur de nos intimes précipices. Les abysses de nos esprits. Les lieux où se perdent nos plus tristes souvenirs. Les portes volontairement closes de nos plus obscures émotions. Celles qui sont les plus dures à gérer.

Regardons dans le noir, et nous trouverons toujours une lueur salvatrice. Le reflet d’une lune dans un miroir, la timide veille d’une étoile ou l’apaisement d’une présence aimée. La lumière éclaire parfois sans luire.

Lamentations… Soupirs… Ils se précipitent dans des gouffres sans fond. Ils recherchent partout autour l’issue de secours tant espérée. Celle qui leur apportera la paix de l’esprit. Partout autour… Il existe une très ancienne légende qui raconte, poétiquement, qu'il fut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma décida de leur ôter ce pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut, donc, de trouver où cacher cette précieuse divinité. Lorsque les dieux furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : "Enterrons la divinité des hommes dans la terre." Mais Brahma répondit : "Non, cela ne suffit pas, car ils creuseront au plus profond de la Terre et la trouveront." Alors les dieux dirent : "Dans ce cas, jetons la divinité des hommes dans le plus noir des océans." Mais Brahma répondit à nouveau : "Non, car tôt ou tard, Ils exploreront les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu'un jour, ils la trouveront et la remonteront à la surface." Déconcertés, les dieux proposèrent : "Il ne reste plus que le ciel, oui, cachons la divinité des hommes sur la Lune." Mais, Brahma répondit encore : "Non, un jour, les hommes parcourront le ciel, iront sur la Lune et la trouveront." Les dieux conclurent : "Nous ne savons pas où cacher la précieuse divinité des hommes car, il ne semble pas exister, sur terre ou dans la mer, d'endroits que les hommes ne puissent atteindre un jour. Qu’ils ne puissent détruire un jour" Alors Brahma dit : "Voici ce que nous ferons de la divinité des hommes : nous la cacherons au plus profond d’eux-mêmes, car c'est le seul endroit où ils ne penseront jamais à chercher. Où ils n’oseront jamais chercher". Depuis ce temps-là, conclut la légende, les hommes ont fait le tour de la terre, ils ont exploré, escaladé, plongé et creusé partout. Ils ont exploré la lune et le ciel à la recherche de quelque chose qui se trouve en eux.

Comme toutes les légendes, celle-ci détient sa part de vérité… Lamentations… Soupirs… Ils ont cherché partout… Partout ? Non, mais l’endroit qu’il leur reste à découvrir est de loin le plus dangereux. Enfin, c’est ce qu’ils ressentent au plus profond de leurs chairs. Alors, pourquoi s’y aventurer ? Si cela fait si mal juste d’effleurer les portes, quel intérêt y a-t-il à les ouvrir ? De toute façon, les clefs sont rouillées depuis bien longtemps. Et hormis ces chaînes qui les entravent et ces boulets qui les freinent, ils arrivent encore à vivre… Alors, pour l’instant, tout va bien.

Et si nous regardions par la serrure, que se passerait-il ? Y verrions-nous les démons de nos épreuves passées ressurgir et se ruer sur nous de nouveau ? Est-ce vraiment la seule chose qui nous effraie ? Est-ce là notre seule excuse ? Après tout, à quoi sert que nous ressassions tout ceci ? S’il existe un moyen d’aller mieux, de parfaire la partition, d’explorer ces continents qui sont Paix et Joie, il ne peut provenir que de l’extérieur. N’est-ce pas ? De la chimie peut-être ? Sûrement ! Selon ces guérisseurs assermentés œuvrant pour notre salut au sein de ces sociétés, que nous estimons avec orgueil évoluées. Que nous désirons modernes. Que nous revendiquons démocratiques !

Âmes sœurs

Âmes sœurs raconte l'aventure vertigineuse de deux êtres qui se rencontrent au tout début de l'humanité, et qui, de vie en vie, entreprennent de parfaire leur amour, dans le tourbillon frénétique de l'Histoire. Des savanes africaines aux hautes tours d'Uruk, la cité de Gilgamesh, des arènes sanglantes de César aux terres du Nouveau Monde, c'est à un véritable voyage au fond de nous-mêmes que l'auteur nous invite. Un message de fraternité et d'amour où se dessine, en douceur, une vision toute personnelle du monde. Un livre haut en tendresse qui ne manquera pas de plaire aux âmes sensibles.

Je t’aime depuis si longtemps. Depuis que les blés, alignés, sont battus par le vent. Depuis que les caravanes d’encens parcourent les sentiers du temps. On vient toujours parmi ces hommes enfants solitaires. Et je m’y égare de plus en plus. J’ai pourtant tant en moi de solidaire à leurs drames épiques et superflus. Je perds trop de temps avant de te retrouver, chaque fois. Et durant tout ce temps, chaque fois, je me retrouve comme cet enfant qui pleure dans le coin d’une pièce. Seul. Et pourtant je conserve toujours précieusement en moi, ce lien mystique qui me relie à toi. Je l’entoure de tout mon amour, toujours, contre tout je le protège, même contre moi-même. Dans cette vie, je me suis forgé un cœur en étudiant les cœurs. J’espère ne pas avoir failli. J’espère être sur la bonne voie, celle, lumineuse, des amants parfaits. Je t’aime depuis si longtemps. Avant même que le temps soit temps. En ces moments si doux et si lointains où nous courrions heureux de n’être que des enfants. D’avoir justement, devant nous, une éternité pour nous aimer encore plus. Et si notre quête était tout simplement de parfaire l’amour ? De le penser tant et si bien qu’il se révèle magique à chaque instant. Lis combien tu es encensée en mon âme : constamment, sur toi, pleuvent pétales sucrées et douces, colorées et parfumées, lumière étincelante de mille et une fées. Ta garde personnelle est faite de licornes, d’elfes blancs agiles, de centaures chaleureux. Ta cour des plus belles princesses qui s’enorgueillissent d’être de ta compagnie. Bonheur est ta voilure légère. Joie, Harmonie, Délicatesse et Grâce sont tes parures d’Or et de Jade. Je t’aime depuis si longtemps et cette fois-ci je suis ce prince de l’esprit, enchanteur et magicien… Et toi, où es-tu ? Nous sommes encore vivants ! Je n’ai pas compté ces nuits où je levais le nez vers le ciel, respirant l’air alentour et espérant y sentir ton parfum, la délicate composition de ton essence intime, tes effluves angéliques. Toutes ces nuit sont tombées, comme feuilles mortes sur mes sols d’automne, dans mes vers et mes proses. Mes désirs de tes poses, de nos pauses ont pris en otage mes rimes depuis déjà si longtemps. Aux confins de la pensée, au plus loin de l’imagination, partout j’ai tenté de te trouver, de t’y chercher. Mon esprit s’est répandu partout, dans tous les recoins, les interstices, les failles. Partout où j’ai pu me glisser, me faufiler, m’insérer. Comme une mer, un océan, une rivière, un ru timide et fluet. Partout autour et à l’intérieur. Je t’ai cherchée partout. Et là, nous sommes encore vivants ! Ondule, femme ondine. Les esquisses de tes courbes ont hanté mes rêves les plus humides et les plus intimes. Aquarelles délicates qui se perdaient en flous artistiques sur des tableaux imaginaires que j’accrochais sur ma grande cheminée de vie. Intouchables douceurs qui virevoltaient en moi comme danseuses autour d’un feu d’été. Epuisant espoir d’arriver enfin au bout de ce chemin étrange que mon âme a choisi cette fois-ci. J’en ressens toute la profondeur du ciel dans mon bleu indigo, ma couronne de vieilles améthystes et dans mes tables d’émeraudes. J’en perçois la chaleur dans mes songes de toi, de ce corps qui m’enivre de turbulents émois. J’en perçois la douceur dans mes trop longs désirs de tes mains qui me frôlent et qui me laissent ivre. Au réveil, le matin, je perçois la délicate présence de ton essence à mes côtés. De tes sourires accueillants, de tes bras m’enlaçant. J’ai envie, pour toi, ici, de recréer le temps, de laisser une trace éternelle dans les tiroirs de ceux qui se disent grands. De surpasser les écrits les plus beaux, les mythes sur l’amour les plus justes, de revivre l’histoire des hommes à tes côtés. D’y être un humain aimant les humains et de ressentir pourquoi leurs actes sont effarants. De perdurer dans le temps et de commencer, au commencement… Parce que nous sommes encore vivants ! Une fois de plus ! Profitons-en ! Savourons chaque instant de ce cadeau du ciel. C’est ton âme, cette fois-ci qui trouvera la mienne. Moi qui perds espoir. Moi qui ai tant donné sans souvent recevoir. Je savoure déjà ces moments sucrés où tu te promèneras en moi. Ces moments parfumés que tu laisseras, volutes recherchées, sur mes draps et mon corps… Nous sommes encore vivants ! Profitons-en !

Enguerrand, le bâtard de Dieu

Les passionnés des légendes arthuriennes seront heureux de trouver, avec Enguerrand, le Bâtard de Dieu, un récit qui reprend habilement les structures narratives des textes médiévaux et qui s’inspire des aventures des plus célèbres personnages de la Cour du fameux Roi de Bretagne, tous présents dans cette histoire. Pour tous les autres lecteurs, il reste une belle aventure chevaleresque ou se mêlent combats héroïques, créatures extraordinaires, magie et amour. Un texte idéal pour découvrir ou redécouvrir, le charme inaltérable de ces histoires qui sont les fondements de notre littérature…

Oyez ! Oyez braves gens, fiers seigneurs et damoiselles, garants inflexibles des fiefs du royaume de notre bon Roi Arthur, oyez donc cette histoire, que sans défaillir, sans détourner ou vous léser du moindre, je vais tenter de vous narrer là.

C’est un beau jour de Pentecôte, et le Roi fêtait sa cour en grands festins et maintes joutes à Cardoel. Jongleurs et conteurs de tous pays s’y retrouvèrent et tous, par Dieu, furent honorés selon ses prouesses. Nul ne vit, dans royaumes alentours, plus belles personnes que ces chevaliers, fierté de notre bon Roi Arthur. Et que dire des dames ! Toutes plus élégantes les unes que les autres, sans nul doute, tous pensèrent que nul royaume n’avait de richesses plus grandes, pour avoir tant de belles et courtoises dames à sa cour.

Tous chantaient et dansaient, joutaient pour leurs plaisirs à toutes et chaque chevalier montrait ses prouesses. Certes, les grands de ce monde ne faisaient pas pâle figure et prenaient vaillamment les lauriers de leurs gloires. Ainsi sire Gauvain, monseigneur Lancelot du Lac, Yvain le preux, Perceval le Gallois, le renommé de Dieu, Érec et Cligès, le bon Jauffé, Caradoc Biesbras…

Beaucoup de la table ronde y étaient venus, et tous honoraient notre bon Roi de leurs valeurs exemplaires. Je ne vous raconterai pas tout de ces mets qui étaient présentés, mais sachez que rien ne manquait, des poulardes parfumées aux herbes sauvages, des cygnes poivrés, des cuisseaux faisandés à point et ces excellentes charcuteries gauloises. Tous ces merveilleux entremets, plats et desserts que l’on offrait en gloire à Mithra jadis et qui, depuis quelques dizaines d’années, étaient offert à la gloire de notre Seigneur. Tout ce qui était délicieux, savoureux était présent et tout le monde put apaiser sa faim à volonté. La musique louait notre Seigneur et l’on parlait partout de douceurs et d’ardeur. Partout l’on se promettait l’Amour, le vrai, l’unique. Comme à son habitude, le Roi attendait qu’une aventure se présente avant de se laver les mains et de passer à table.

Tout le monde instruit savait qu’à la cour d’Arthur, même mille marcs d’or n’auraient pas détourné cette tradition. La cour appelait les aventures car elle tenait grande renommée de par le monde chrétien. C’est donc monseigneur Keu, le perfide persifleur, qui aperçut l’aventure alors qu’il regardait par la fenêtre…

Le petit roi

Rien de tout ceci n’était prévu. Jamais nous n’aurions pu imaginer qu’une telle créature pouvait arpenter nos bois et que, ce petit garçon que nous avions tous chéris, y était lié si intimement. Que sont les hommes lorsque les destins de deux êtres d’exceptions se lient l’un à l’autre ? Que peuvent-ils faire ? Nous sommes tous, sans exception, si fragiles lorsque Dieu nous envoie de pareilles créatures. Peut-être est-ce l’oeuvre du Diable, en fait. Jamais nous ne le saurons vraiment... Dans nos écrits les plus anciens, on retrouve rapidement les traces sanglantes des passages remarqués de dragons, de chimères et autres créatures que l’on pensait tous issues du plus habile des esprits démoniaques. L’étaient-elles vraiment ? Abbé Guillaume.

La lune était étrangement rousse en cette nuit sèche de mai sept cent quarante-cinq. Pleine de toute sa lumière et de son étrange splendeur, ce soir-là, elle projetait les ombres fantasmagoriques des arbres, et les faisait danser en rougeoyant. Personne ne s’y aventurait, dans cette immense forêt. Les meutes de loups qu’elle abritait de son manteau étincelant étaient craintes par tous les paysans alentour. Trop de brebis avaient été tuées sauvagement, de pauvres enfants aussi, malheureusement. Et les créatures du diable n’hésitaient pas à s’attaquer aux adultes, lorsque la faim leur tiraillait le ventre. Ce soir-là, pour une raison encore inconnue, ils étaient particulièrement énervés. On aurait pu croire, si l’on avait erré aux abords de ce lieu maudit, de cette forêt ancestrale sombre et opaque, que chaque arbre se lamentait ou criait à la lune.

Partout dans la forêt, leurs hurlements déchiraient la nuit. Les pauvres paysans, ceux qui habitaient non loin de là, frissonnaient de terreur. Lorsqu’on entendait les loups hurler dans la partie nord de la forêt, d’autres leur répondaient au sud. Ainsi, lors des pleines lunes, ce dialogue se prolongeait jusqu’à l’aube. Dans ce vacarme incessant, seule une pauvre chouette osait parfois s’exprimer et hululait à tue-tête comme pour revendiquer son droit à la conversation. Ce qui était étrange, c’était que les loups semblaient s’arrêter d’entonner leurs macabres chants lorsque l’oiseau nocturne prenait la parole. Et à peine avait-elle terminé, ils reprenaient de plus belles leurs lamentations. C’était une de ces nuits où les paysans restaient cloîtrés, tétanisés par la terreur dans leur maison de paille, de terre et de bois.

Personne n’aurait osé errer au dehors lorsque la lune était rousse et que les loups s’énervaient de la sorte. Tenter l’aventure dans cette forêt, il n’en était déjà pas question en plein jour, alors ces soirs-là, même pour quelques pièces d’or ou d’argent, seul un fou s’y serait engagé ! Dans la campagne proche, éparpillées à l’est, au sud et à l’ouest de cette immense masse de feuillus, ne se trouvaient que trois petites fermes. Celles-ci étaient bien trop isolées et, lorsqu’au dehors, la forêt grondait sous les cris de ces démons velus, nulle aide n’aurait pu être espérée de l’une pour l’autre et vice versa. Un peu plus loin de celle qui se trouvait au sud, à sept heures de marche de là, se perdant au milieu d’un champ, était un petit monastère tenu par un abbé fort agréable que l’on nommait Philibert. De simples moines bénédictins, appliquant strictement la rude règle de Saint Benoît. Ce soir-là, les clameurs des loups, portées par les vents du Nord, arrivaient jusqu’à eux tant les créatures hurlaient fortement. Les moines de l’abbé Philibert étaient affolés et priaient. Ils priaient pour les pauvres paysans qui habitaient ces trois petites fermes, proches de l’orée de la forêt. Car ils savaient que pour eux, entendre ces esprits démoniaques toute la nuit, c’était tout simplement insupportable. Dans la petite ferme qui était au sud, entre la forêt et le monastère, vivait un coq de sept ans, tout au plus. Celui-ci était perché sur un tas de paille humide, d’épluchures en tout genre et d’autres résidus végétal et animal. Ce tas de fumier faisait presque la taille d’un homme et il était placé au fond du petit jardin, face à la forêt.

D’ordinaire, le coq y trouvait une place idéale pour siéger sur sa basse-cour. De là haut, il pouvait non seulement observer le va et vient des poules, mais, en plus, il gardait un œil attentif sur la forêt. Aucun animal de la basse-cour, fut-il un tant soit peu censé, n’aurait aimé être confronté à une des bêtes sauvages qui pourrait sortir de cet endroit ! Un furet, un renard, pire même, un loup solitaire, c’était, pour ce coq, le pire cauchemar. Mais, ce soir-là, le vieux gallinacé avait autre chose en tête, hélas, que de craindre les loups. Ce qui l’effrayait, s’était une douleur effroyable qui lui rongeait le ventre. Il tournait en rond et piaffait continuellement en petits cris étouffés. Lui qui arborait avec fierté un chant puissant et mélodieux, se retrouvait à présent doté d’une voix de poussin. Il souffrait tant que la douleur l’étranglait. Au matin, déjà, il se sentit malade. Dans l’après-midi, le soleil de mai lui fit tourner la tête à plusieurs reprises et il dut quitter son poste de garde, sur le tas de fumier, pour aller boire dans l’auge, en dessous. En cette nuit illuminée de rouge, désespéré, Il tournait en rond, ébouriffant frénétiquement de son bec ses grandes plumes rousses et blanches. Il était horrifié car un mince filet de sang s’écoulait de son croupion.

Isaam Drim

Découvrez Isaam Drim, un homme pas comme les autres, qui part à la recherche de son identité. Son aventure lui fera rencontrer plusieurs personnages qui, indice par indice, lui montreront le chemin de son propre destin. Des plages du nord de l'Europe antique aux confins de l'Orient mystérieux, Isaam, aidé par ses rêves et compagnon gardien de terribles secrets, va devoir lutter contre l'amnésie qui l'accable pour se reconstruire. De la mendicité au faste des palais orientaux, il partagera une quête extraordinaire sur les traces des grands prophètes.

Ils m’appelaient Isaam Drim. Ils disaient de moi que j’avais trente ans, du moins, ils le pensaient. Mon nom, comme mon âge, ne m’étaient, en ces temps, qu’à peine familiers. Ce que je fus avant ? Je ne le savais plus, peu m’importait, à vrai dire. Ils disaient de moi que cette amnésie, cause de mes tourments, était très rare, qu’elle était irréversible. Ce que je serai plus tard ? Je m’en fichais tout autant. Vous me trouverez désinvolte, bougon peut-être. Ce que je savais surtout, c’était qu’un homme ne pouvait pas exister sans passé. Qu’un homme sans terre n’était rien. Qu’un homme sans souvenirs ne valait pas plus qu’une bête de somme. Alors, que me valaient mes élucubrations imaginées sur ma triste et hypothétique réalité ? Que me valaient tous ces ressentis, ces sensations de ‘déjà-vu’ ? Si je ne pouvais pas mettre de termes cohérents dessus, si mon cerveau ne pouvait pas les appréhender justement et si je ne pouvais pas me reconstruire avec.

Tout cela m’était inutile. Je m’étais perdu dans un labyrinthe éphémère, qui ne durerait que le temps d’une vie, de cette vie. Et quoi que je fasse. Leur ‘irréversible’ avait scellé mes efforts pour le reste de mes jours. Je ne chercherai pas. Je ne regarderai pas derrière. Regarder devant était pour moi, déjà, une si lourde tâche. Ce que je savais ? Cela pourrait se résumer en quelques lignes. Un matin de marée, sur une côte escarpée. Un corps qui réapparaissait, nonchalamment bousculé par la houle, des vêtements, hélas, vidés de tous renseignements utiles. Une providence, un bras secoureur : un bon pêcheur, enthousiaste quoiqu’un peu émotif. Un regard nouveau sur la vie, sur ce qui m’entourait. J’ai encore sur le corps, comme compagnes et uniques preuves de mon existence passée, une série de cicatrices qui me faisaient parfois mal, douloureuses présences. Mon dos semblait avoir été lacéré comme si j’avais subi quelques tortures. Sur mes bras, surtout au niveau des poignets, j’avais de vilaines traces boursouflées. Dans ce temps troublant où j’avais tenté de regarder derrière moi, j’avais pu apprendre que ce genre de bourrelets cicatrisés pouvait être provoqué par la brûlure d’une grosse corde. J’avais les mêmes traces sur mes chevilles Une chose était sûre : ceux qui m’avaient retiré mon cher passé ne voulaient certainement pas que je me réveille un jour.

J’étais plutôt bien fait, bien musclé quoique j’avais le ressenti d’avoir goûté à meilleure forme physique. J’avais les cheveux mi-longs, bruns et mes yeux étaient verts, très clairs. Peut-être était-ce une caractéristique de mon peuple, de ma race, l’unique indice, le précieux legs de mes ancêtres ? Qui aurait pu me le dire ? Je n’irais certainement pas le demander à ceux qui m’avaient si durement infligé torture !

L'agora indigo

Ce recueil regroupe toutes mes poésies. Il est le témoignage d'une vie, un voyage à travers mes émotions les plus riches et les plus profondes. Écrire de la poésie a été pour moi bien plus qu'une simple expression artistique ; c'était un moyen de tenir debout dans les moments les plus sombres et les plus lumineux de ma vie. Chaque poème est une pierre angulaire, un refuge où je pouvais déposer mes joies, mes peines, mes espoirs et mes désirs. À travers mes vers, j'ai trouvé la force de traverser les tempêtes, de célébrer les victoires et d'apprivoiser les démons de l'âme. Ce recueil est un hymne à la résilience, une ode à la beauté de l'expression poétique qui m'a permis de rester debout face aux aléas de l'existence.

Des jardins suspendus aux frontières de la nuit,
Des oasis perdus aux limites de la vie,
Des heures orientales aux parfums des encens,
De tout cela, je t’aime, moi, le triste Titan.

Des sous-bois tropicaux aux cris, sombres, étouffants,
Des coquillages si beaux à faire rêver l’enfant.
Des nuits ensorcelantes qui font battre mon cœur,
De tout cela, je t’aime, toi mon unique saveur.

Des aurores enchanteresses sur des plages lointaines,
Du soleil qui se meurt à l’autre bout des plaines,
Des dunes reposantes à l’Est de l’Afrique,
De tout cela, pour moi, tu es la seule, l’unique.

Des regards envoûtants aux écrits de l’amant,
Des soupçons de bonheur, de celui-ci, dormant.
Des attentes de la pluie qui laverait mes tourments,
Pour tout cela, je t’aime de cet amour dément.

Des histoires de fées pour tes petits sourires,
Des envies, si fortes, des ondes de tes rires,
Des larmes qui brûlent, comme l’acide citrique,
Pour tout cela, tu es, seule raison dramatique.

Des nuits interminables en besoins de caresses,
Des désirs inavoués aux besoins de tendresses,
Des espoirs, désespoirs, mes craintes de t’aimer,
Pour tout cela, toi seule, ma lumière éthérée.